Un sol saturé d’eau
L’eau s’accumule dans la cuvette et ralentit la décomposition des végétaux. Au fil des siècles, cette matière organique forme la tourbe, véritable archive naturelle du paysage.
Une vaste tourbière jurassienne protégée depuis 1911, remarquable par ses hauts-marais, ses sphaignes, ses paysages ouverts et son histoire pionnière de la protection de la nature en Suisse romande.
Photo : Steffen Boch — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Un paysage rare du Jura vaudois
La Mouille de la Vraconnaz se trouve sur le territoire de Sainte-Croix, dans le Jura vaudois, tout près de la frontière avec le canton de Neuchâtel et la France. Cette cuvette humide entourée de collines boisées abrite une mosaïque de hauts-marais, de zones marécageuses, de pâturages et de forêts. Son intérêt est autant paysager que biologique : les sphaignes y construisent lentement la tourbe et créent des conditions très particulières pour une flore et une faune spécialisées.
Le lieu est aussi important dans l’histoire de la protection de la nature. En 1911, la Ligue suisse pour la protection de la nature — l’actuelle Pro Natura — conclut un accord avec la commune pour mettre fin à l’exploitation de la tourbe. Cet acte est présenté par Pro Natura comme la naissance de la première réserve naturelle de Suisse romande. La réserve Pro Natura actuelle couvre 94 hectares.
Pour le visiteur, l’intérêt principal est de découvrir ce paysage depuis les chemins et itinéraires qui l’entourent. Il ne s’agit pas d’un parc aménagé avec billetterie ou parcours artificiel : la richesse du site tient précisément à son caractère naturel et fragile. Une sortie de deux à quatre heures permet déjà d’en saisir l’ambiance, selon l’itinéraire choisi et l’état du terrain.
Comprendre le paysage
La Vraconnaz n’est pas un simple « marais ». Elle réunit plusieurs milieux humides dont des hauts-marais alimentés principalement par les précipitations. L’OFEV cite le site comme exemple caractéristique de haut-marais de pente. Cette hydrologie particulière explique la présence de végétaux adaptés à des sols pauvres et acides, mais aussi l’extrême sensibilité du milieu aux modifications du drainage et au piétinement.
L’eau s’accumule dans la cuvette et ralentit la décomposition des végétaux. Au fil des siècles, cette matière organique forme la tourbe, véritable archive naturelle du paysage.
Un dossier de l’OFEV consacré à La Vraconnaz mentionne une trentaine d’espèces de mousses et une vingtaine de sphaignes, ainsi que des linaigrettes, des airelles des marais et des succises des prés.
Pro Natura signale notamment des papillons menacés caractéristiques de ces milieux, dont le solitaire et le damier de la succise. L’observation à distance est la meilleure façon de préserver leur habitat.
La Ligue suisse pour la protection de la nature passe un accord avec la commune afin de protéger la tourbière. Pro Natura présente cet événement comme la création de la première réserve naturelle de Suisse romande.
Selon l’OFEV, l’exploitation intensive de la tourbe avait fortement diminué après le début du XXe siècle, mais des extractions sporadiques se sont poursuivies jusqu’en 1962.
Des pluies diluviennes provoquent un important glissement. La végétation a depuis largement recouvert ses traces, mais des dépressions humides et trous d’eau subsistent dans le secteur.
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Sur place
Ici, la visite se vit surtout en marchant, en observant et en prenant le temps de lire le paysage. La réserve n’a pas besoin d’aménagements spectaculaires : son intérêt réside dans ses contrastes entre tourbière, forêts jurassiennes, pâturages et crêtes lointaines.
Cherchez les changements de végétation, les buttes de sphaignes, les linaigrettes et les zones d’eau. Les points dégagés permettent aussi d’apercevoir les reliefs du Chasseron.
Brumes, herbes rousses, lumière rasante et lisières forestières offrent des sujets très différents selon la saison. Utilisez le zoom plutôt que de quitter le chemin pour vous rapprocher.
Le secteur se prête à une sortie plus longue vers La Côte-aux-Fées, le Col des Etroits ou Sainte-Croix. Pour d’autres idées, consultez les randonnées du Jura vaudois.
Évitez les raccourcis dans le marais et les zones spongieuses, même si elles paraissent accessibles.
Une paire de jumelles permet de profiter de la faune et des détails du paysage sans approcher les zones sensibles.
Vérifiez la signalisation locale avant la balade et gardez votre chien sous contrôle à proximité des milieux protégés et du bétail. Les prescriptions peuvent varier selon le secteur et la saison.
Choisir son itinéraire
Plusieurs itinéraires permettent d’approcher la réserve sans faire la même sortie. Les durées ci-dessous viennent de sources différentes et ne décrivent pas exactement le même tracé. Les conditions de terrain, le balisage et la neige peuvent modifier sensiblement le temps nécessaire.
| Itinéraire | Distance | Durée | Difficulté / dénivelé | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Boucle de la tourbière | Non précisée dans le dossier | ≈ 2 h 30 | Balade pédestre | Itinéraire décrit par l’OFEV en 2015 ; vérifier l’état actuel des chemins. |
| La Côte-aux-Fées → Sainte-Croix par la Mouille | 12,8 km | 3 h 45 | T1 · +412 m / −386 m | Fiche Vaud Rando 2026 ; traverse le secteur des Rochettes, La Vraconnaz et le Col des Etroits. |
| Col des Etroits – L’Auberson – La Vraconnaz | 9 km | 3 h 35 | Raquettes · +300 m | Itinéraire hivernal présenté par Suisse Tourisme ; à adapter à l’enneigement. |
Préparer la sortie
Le repère situe approximativement le centre du paysage marécageux. Pour une randonnée, utilisez le balisage pédestre officiel et la cartographie de l’itinéraire choisi.
Au fil de l’année
Le site change fortement selon l’humidité, la végétation et l’enneigement. Il n’existe donc pas une seule « meilleure » période : choisissez surtout la saison qui correspond au type de sortie recherché.
La reprise de la végétation est intéressante, mais les sols peuvent être saturés d’eau après la fonte et les pluies. Restez particulièrement attentif au tracé des chemins.
Une bonne période pour la randonnée et l’observation botanique. Prévoyez protection solaire, eau et vêtements adaptés aux changements de météo du Jura.
Les herbes rousses, la brume et les lisières donnent au marais une ambiance très photogénique. Les journées raccourcissent et l’humidité augmente.
Le secteur devient un paysage nordique. Le parcours de raquettes de 9 km est une option dédiée, à entreprendre uniquement avec un enneigement et des conditions adaptés.
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Prolonger la découverte
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